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Sport: Décès de la légende du foot haitien Jean Reynold Saint-Surin à New-York

Jean-Reynold Saint-Surin est mort. Terrassé par le meurtrier Coronavirus, il a quitté le monde des vivants. Information cette fois-ci confirmée? Oui. Il a rendu l’âme le lundi 20 avril 2020 dans un hopital de Queens (New-York) à l’âge de 73 ans (à moins de trois mois de son 74e anniversaire).

Né à Port-au-Prince le 1er juillet 1946, ce brillant attaquant à l’allure de gentleman, timide, respectueux, d’une simplicité légendaire, se transformait pourtant en volcan devant les buts adverses. Les défenseurs et les gardiens de sa génération peuvent en témoigner. Bon “rouleur de ballon”, attaquant utilisant ses deux pieds, adroit à l’aile ou au centre d’une division offensive, buteur patenté, Jean-Reynold Saint-Surin a brillamment rempli sa mission de “vendeur de spectacle” au sein de l’équipe junior du Lycée Alexandre Pétion (championnat interscolaire 1963 et 1964 notamment), au Violette AC, particulièrement, et pendant son bref passage en sélection nationale.

Au cours de la première moitié des années 60, ce jeune et talentueux attaquant bleu et blanc représentait déjà l’une des attractions des fidèles du stade Sylvio Cator. Et les jeunes notamment l’admiraient. Vedette des compétitions scolaires de la capitale, Saint-Surin se trouvait très tôt sur le banc des futurs étoiles de notre football. Comme le jeune maestro Philippe Vorbe, il se distingua au sein de l’équipe fanion du Violette lors de la saison 64-65.

En dépit de l’apport de ces deux jeunes “tigres au dents longues” et des renforts de classe tels que les internationaux Roland Crispin, ex-Étoile Haïtienne, Joseph Pierre (Ti Nènè) et Jacques Calixte (Tyanm), ex-Don Bosco, le Violette ne décrocha pas le trophée en 1965. C’est l’Aigle Noir du jeune Jean-Claude Désir (Tom Pouce) qui remporta la compétition.

Peu de temps après, Saint-Surin se rendit aux États-Unis où il s’illustra notamment dans l’équipe “Les Piquets” alignant des anciennes gloires du football haïtien. Fidèle au club qui l’a formé, il retrouva ses partenaires bleu et blanc à l’occasion de la Coupe Pradel 67-68. De son côté, pensionnaire du club New-York Général à cette époque, Philippe Vorbe rentra également au pays pour renforcer les rangs du Vieux Tigre qui visait la conquête de la Coupe Pradel dans le cadre de son 50e anniversaire en 1968. Par la même occasion, Marc Antoine reprit ses chaussures à crampons après deux ans de retraite forcé (!). Sans oublier l’acquisition du bombardier gonaïvien Bendell Elias. Queille artillerie!.

Profitant du retour de ces trois produits de la classe bleu et blanc et de l’abattage du Gonaïvien Élias, le Vieux Tigre survola l’épreuve “pradéliste” 67-68. Et le Violette se distingua dans cette épreuve grâce à ses deux victoires dans le derby national: match aller 2-1 (buteurs Marc Antoine et Philipe Vorbe pour les Tigres, Guy Saint-Vil pour les Lions).

“LE VIOLETTE A REMPORTÉ LE COMBAT DES FAUVES”, titra Jean-Clauce Sanon le lendemain dans les colonnes du journal “Le Nouveau Monde”. Au match retour, nouvelle victoire du Violette (2-1) face à son grand rival. Le percutant attaquant Saint-Surin signa les deux buts bleu et blanc.

Puis, Saint-Surin fit naturellement partie de la sélection nationale engagée dans les éliminatoire de la Coupe du monde de 1970. Signalons notamment sa contribution dans la victoire du onze national (2-0) en 1968 devant le Guatemala au stade Sylvio Cator où le “maton” attaquant du Violette ouvrit le score. Au match retour (1-1) disputé à Guatemala City, c’est l’artilleur Joseph Obas qui égalisa pour Haïti. Un but mémorable! Mais puisqu’il quitta à nouveau le pays, Saint-Surin ne participa pas a la suite de cette grande aventure sur le boulevard des éliminatoires du mondial de 1970, où la sélection haïtienne enregistra une indigeste élimination devant le Salvador à la Jamaïque.

En 1972 après un nouveau titre de champion du Racind CH en Coupe Pradel, Jean-Reynold Saint-Surin retrouva ses partenaires bleu et blanc dans le compétition “pradélienne” 72-73. Il se distingua à nouveau, d’autant qu’il évoluait au sein d’une formation violettiste bourée de stars (Pierre Bayonne, Ernst Jean-Joseph, Philippe Vorbe etc). Après un nul 0-0 dans le derby national au match aller, le Vieux Tigre sauva sa peau devant le Vieux Lion au match retour grâce à l’opportuniste Saint-Surin qui égalisa de la tête suite à un corner botté par Philippe Vorbe, une minute après l’ouverture du score par le racinistre Eddy Antoine. Et le Tigre, se révélant irrésistible pour le reste de cette édition, décrocha le titre de champion de la Coupe Pradel 72-73.

C’était la dernière prestation de Reynold Saint-Surin sous les couleurs du Violette, le club de sa vie. Ainsi s’acheva sur le circuit national la carrière de l’un des plus redoutables chasseurs de buts de l’histoire du football haïtien.

Un panier de félécitations à toi valeureux Jean-Reynold Saint-Surin, ma première idole sur la scène sportive haïtienne! Je regrette de ne t’avoir jamais rencontré. Au revoir Jean-Reynold, pas adieu! Tu resteras l’idole des jeunes clients du stade des années 60, témoins de tes hautes performances dans les compétitions interscolaires et en Coupe Pradel.

Raymond Jean-Louis

New-York le 21 avril 2020

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